« L’accès au droit est au cœur des préoccupations de LexisNexis ».

Publié le : jeudi 18 novembre 2021

Par Guillaume Deroubaix, directeur général adjoint en charge des opérations pour LexisNexis France
Et
Mathieu Balzarini, directeur des Produits pour LexisNexis France et CEMEA.

Alors que la crise sanitaire demeure, LexisNexis continue d’innover pour accompagner et soutenir les professionnels du droit. Une nouvelle version de Lexis 360, désormais Lexis 360 Intelligence, est proposée à ses abonnés. Travailler en co-construction avec ses utilisateurs pour leur donner accès aux meilleurs outils d’aide à la décision et leur permettre d’élaborer les stratégies juridiques les plus efficaces, telle est l’ambition de LexisNexis. Explications et décryptage.

La Semaine Juridique, Édition générale : : LexisNexis propose à ses clients une version enrichie de Lexis 360 sous l’appellation Lexis 360° Intelligence. Pourquoi cette nouvelle version ?

Guillaume Deroubaix : Le lancement d’une nouvelle version de Lexis 360 est un événement qui intéresse une large partie de la communauté juridique et judiciaire car l’on parle de la plus vaste base de données juridiques privée en France ; base de données à laquelle des dizaines de milliers d’utilisateurs ont accès quotidiennement.
En 2011, Lexis 360 a constitué une première révolution avec la mise à disposition du premier moteur de recherche sémantique dans le secteur et la création de milliers de fiches pratiques, couvrant tous les domaines du droit.
En 10 ans, la pratique des juristes a évolué, les technologies également, notamment celles s’appuyant sur l’intelligence artificielle, d’où la sortie de Lexis 360 Intelligence, qui est une évolution de Lexis 360.
Notre objectif est de faire se rencontrer l’intelligence humaine, celle de nos auteurs, de nos clients, de nos collaborateurs qui ont participé à son élaboration en co-création et l’incroyable potentielle de l’intelligence artificielle.

JCP G : En termes d’accès à Lexis 360 Intelligence, comment cela s’articule-t-il et quel est votre objectif ?

Mathieu Balzarini : En préambule, je préciserai que nous proposons un déploiement progressif d’une version enrichie de Lexis 360. Lexis 360 Intelligence est accessible à l’ensemble de nos clients dans le cadre de leur contrat existant. Concrètement nous déclinons le déploiement par marché car les professionnels du droit ont des attentes différentes en fonction de leurs métiers et de leurs usages. Aujourd’hui plus de 40 % de nos clients accèdent à la nouvelle version Lexis 360 Intelligence par un seul clic sur un bouton de permutation à partir de l’interface Lexis 360. Chaque client « déployé » peut ainsi accéder librement à la nouvelle version et découvrir la nouvelle expérience produit qui y est proposée.

Depuis ce déploiement qui a débuté en janvier dernier et se terminera en juin prochain, nous constatons que de plus en plus de clients utilisent la nouvelle version et que ceux qui l’utilisent s’en servent majoritairement.
Notre objectif est de délivrer régulièrement de la valeur au sein de la nouvelle version de Lexis 360 en mettant à disposition de nouvelles interfaces permettant d’offrir un produit amélioré à nos clients et faciliter leur recherche pour l’élaboration des meilleures stratégies juridiques.

Notre ambition est de proposer un accès plus pertinent et spécifique, au regard des métiers, à l’information juridique, pour une utilisation plus rapide, plus éclairée et plus sécurisée.

JCP G : Les avocats en particulier expriment ce besoin de prendre des décisions éclairées, sécurisées et plus rapides. Qu’avez-vous souhaité apporter de plus à ces utilisateurs de Lexis 360 ?

M. B. : Nous leur proposons un outil plus moderne, plus ergonomique, plus fluide tout en conservant la richesse et l’excellence de nos contenus. Ce nouveau produit est exhaustivement équivalent en termes de contenus et d’offre de valeurs à Lexis 360, avec un corpus de près de 23 millions de documents.

Cependant Lexis 360 intelligence va plus loin pour traiter notamment, comme l’indiquait Guillaume Deroubaix, l’augmentation du volume d’informations. Nous apportons une information granulaire et travaillons à partir de la détection d’intention pour tenir compte des particularités attachées aux différents métiers, des profils etc…

C’est un produit en constante évolution ; il s’enrichit toutes les semaines de nouvelles fonctionnalités.
Développée selon la méthode agile, les propositions d’évolution ou d’amélioration sont construites à partir des échanges et retours de nos clients utilisateurs. On teste, on mesure et on adapte pour tenir compte des usages de chacun. Nous souhaitons accompagner et guider proactivement les utilisateurs dans l’accès à l’information pour leur permettre de prendre les décisions qui leur seront utiles. C’est pourquoi nous proposons plus de fonctionnalités d’aide à la décision pour tenir compte des spécificités liées à chaque marché.
Je donnerai deux exemples en termes de nouvelles fonctionnalités.
Premièrement la « fiche entreprise ». Elle apporte une vue synthétique du contentieux juridique lié à une entreprise. L’avocat peut, grâce à cette fonction, appréhender de façon différente le contexte juridique de l’affaire qu’il a à traiter et accéder à des données complémentaires sur l’entreprise elle-même.
Deuxièmement, la possibilité d’avoir une approche navigationnelle au sein des décisions de jurisprudence avec les analytics qui permettent de filtrer et d’accéder plus rapidement aux décisions les plus pertinentes au regard d‘un cas précis.

Je rejoins Guillaume Deroubaix lorsqu’il qualifie de « révolution » la création de Lexis 360. J’ajouterai que nous en sommes à la 3ème Révolution ! Dans un premier temps nous avons mis tous nos fonds papier sur un site internet avec un moteur de recherche (LNJC en 2004) ; dans un deuxième temps les contenus et les besoins ayant augmenté en volume et les praticiens n’étant pas des experts de la recherche documentaire, nous y avons répondu avec Lexis 360 en 2011 ; aujourd’hui nous franchissons la 3ème étape avec une offre comportant de plus en plus d’outils d’aide à la décision.

Pour tenir compte des besoins utilisateurs et créer des outils d’aide à la décision, vous mettez en oeuvre la co-création. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce sujet ?

M. B. : Lorsque nous avons commencé à travailler sur Lexis intelligence, il nous a fallu rédiger les principes fondateurs qui allaient sous-tendre la construction de la nouvelle version. Parmi ces principes et c’est certainement le plus important, nous avons très vite évoqué la co-création.
C’est un réel changement de paradigme pour Lexis Nexis !

Historiquement nous sommes une maison d’édition portée par l’excellence de nos contenus, - avec les encyclopédies notamment - et de nos auteurs. Ils font autorité sur la place juridique. Presque par mimétisme, l’expertise que nous avions sur les contenus a été calquée sur nos produits, c’est-à-dire que jusqu’à la période récente avec Lexis Intelligence, les produits créés étaient pensés et conçus par LexisNexis. On partait du principe qu’on avait la connaissance sur les contenus et donc que l’on savait ce qu’attendaient nos clients. Or nous avons souhaité changer cette approche en travaillant avec et pour nos clients.
La co-construction c’est a minima deux choses : c’est d’abord reconnaître que ce sont nos clients qui savent mieux que nous ce dont ils ont besoin ; c’est ensuite leur proposer de travailler avec eux sur leurs difficultés du quotidien en termes d’usage (user discovery).
Nous sommes à l’écoute de leurs attentes spécifiques, nous les accompagnons et les guidons dans l’accès à l’information.

Le process adopté a permis de faire intervenir dans un premier temps nos clients « pilotes ». Après avoir échangé au quotidien avec eux nous avons développé des prototypes. Ce sont ensuite les « bêta-testeurs » qui sont intervenus. Plus de 1000 clients « bêta testeurs » nous ont permis de mesurer, corriger et améliorer. Lorsque nous obtenons un bon niveau de taux de satisfaction en termes d’usage on lance le déploiement en production.
Aujourd’hui les clients utilisateurs continuent à tester et à échanger avec nous sur leur pratique, c’est très précieux pour chacune des parties et nous les remercions pour le temps qu’ils y consacrent.

« Prenons du temps pour gagner du temps », telle pourrait-être la nouvelle devise des utilisateurs de Lexis360° Intelligence. Quel message leur faire passer ?

M. B. : Je leur dis, rejoignez-nous, continuons à co-construire un produit qui a du sens tant pour vous que pour nous et à partager ensemble. Votre expérience utilisateur est essentielle. Aidez-nous à faire en sorte que Lexis 360 Intelligence devienne un produit que vous aimez utiliser et dont vous ne pourrez plus vous passer.

L’accès à Lexis 360 a été ouvert largement alors que la crise sanitaire s’installait. Quelles autres actions concrètes ont été mises en œuvre par LexisNexis pour aider les professionnels du droit ?

G. D. : En effet, dès le début de la crise en mars 2020, nous avons fait le choix d’ouvrir largement notre base de données pour permettre à tous ceux qui le souhaitaient de continuer à accéder à notre base documentaire large depuis chez eux. Plusieurs milliers de praticiens du droit ont profiter de cet accès ouvert.
Un autre effet de la crise s’est révélé avec la situation de grande précarité dans laquelle nombre d’étudiants en droit se sont retrouvés. Pour les aider, il nous est apparu rapidement essentiel de leur porter une attention particulière. C’est pourquoi LexisNexis France, dans le cadre de son programme Lexis Care, a soutenu deux types d’action.

D’abord, et en lien avec les doyens d’universités, en proposant aux collaborateurs de LexisNexis France de s’associer par un don – équivalent au montant d’un ticket restaurant, montant abondé du double par LexisNexis - aux « Épiceries solidaires » initiées par des associations de Paris II et Montpellier. Un don d’un montant d’un peu plus de 2 000 euros a pu être versé à chacune des associations, à charge pour elles de redistribuer les fonds en fonction des besoins. Par exemple, Corpo Droit et BDE Science politique de Montpellier ont pu, à l’aide de ce don, proposer une distribution gratuite de paniers alimentaires composés de 5 kilos de fruits et légumes issus de l’agriculture en circuit court.

Ensuite, en choisissant d’ouvrir à tous les étudiants en droit, dès le 25 janvier 2021 et jusqu’à la fin de la période des examens, l’accès à la solution de veille juridique Lexis Veille, lancée en juillet 2020. Chaque étudiant peut accéder gratuitement au nouveau site Lexisveille.fr et suivre l’actualité dans 5 matières (civil, pénal, affaires, public, justice civile). Il peut aussi s’abonner à la newsletter quotidienne ou biquotidienne pour préparer ses TD, enrichir ses cours et préparer au mieux les examens à venir.
Les étudiants ont pleinement apprécié cet accès. Dès le 3ème jour de l’ouverture, nous avions près de 4 000 demandes d’inscriptions pour consulter le site.

Et nos actions continuent. Pour répondre à la sollicitation de l’Université Paris V et participer à leur action solidaire « Tutorat » en soutien aux étudiants en grande difficulté, nous allons offrir une quinzaine d’ouvrages aux étudiants identifiés par l’université. Les étudiants concernés sont en L3 et Master droit privé et droit public.

Ces actions sont le reflet d’un lien historique entre l’université et LexisNexis …
G. D. : Oui, tout à fait. Cela fait plus de 100 ans que la conception, la rédaction et donc la qualité de nos contenus relèvent en grande partie d’un lien indéfectible avec les universitaires tant comme contributeurs que, pour un grand nombre, comme directeurs scientifiques de nos produits. L’excellence éditoriale et scientifique est au cœur de notre ADN.

La déclinaison de Lexis 360 Académique en Lexis 360 Intelligence Académique, avec des contenus dédiés aux étudiants témoigne également de notre volonté d’une relation durable et de l’intérêt que nous portons aux étudiants en droit et au monde universitaire.

En termes de formation, quelles autres illustrations de l’effet accélérateur de la crise sanitaire que vous évoquiez ?

G. D. : L’effet accélérateur de la crise en matière de transition numérique s’illustre aussi par des exemples précis. Il a fallu s’adapter à la situation et transformer nos moyens de communication. Le développement de webinaires, d’événements en distanciel a permis de maintenir le contact avec notre communauté juridique habituée à nos événements en présentiel. Nous en avons proposé plusieurs dizaines tout au long de l’année. Il est intéressant de noter que cela faisait vingt ans que les uns et les autres tentions des formules de e-learning sans grand succès il faut le dire, et qu’en quelques semaines, l’adoption se soit faite.

LexisNexis s’engage pour faire progresser l’État de droit. De quelle(s) façon(s) ?

G. D. : Il y a 10 ans on parlait très peu dans les débats entre juristes de l’État de droit ; on le considérait comme acquis. Or l’actualité s’est accélérée, et avec la crise sanitaire que nous vivons, on a pu douter de la légitimité de certaines mesures prises pour limiter nos droits et libertés. Nous assistons à une forme de résurgence de la notion qu’il faut donc remettre sur le devant de la scène.
L’accès au droit est au cœur des préoccupations de LexisNexis. C’est la raison d’être de LexisNexis, en France comme dans la reste du monde. Partout nous cherchons à faire progresser la Primauté du droit.

Une illustration simple : notre politique éditoriale consiste à faire en sorte sur tous les sujets, une diversité d’opinions puisse être représentée. J’ai toujours été très attaché à ce principe.

À l’international, LexisNexis soutient plusieurs types d’actions.
Je signalerai en premier le Prix « État de droit UIA » créé en partenariat entre l’Union internationale des avocats et LexisNexis. Ce prix récompense les personnes et/ou les organisations contribuant activement au développement et à la promotion de l’État de droit au niveau national, régional ou international au sein de la communauté juridique. En 2019, c’est l’avocat français Bertrand Favreau, Président de l’IDHAE qui a reçu le prix.

Un deuxième exemple avec l’action de lutte contre le trafic d’êtres humains. Une collaboration entre LexisNexis et l’association américaine Uniform Law Commission (UCL) a permis la rédaction d’une « loi uniforme », l’Uniform Act on Prevention of and Remedies for Human Trafficking (UAPRHT), validée en 2013 par l’Uniform Law Commission et l’American Bar Association. Un troisième exemple avec l’aide au développement de pratiques commerciales plus responsables. Enfin, un dernier exemple par lequel LexisNexis soutient la plateforme d’action des Nations unies en faveur des institutions judiciaires.

Un Livre blanc publié par LexisNexis est consacré au principe de Rule of law ou de Primauté du droit. Que retenir ?

G. D. : Nous partons du principe que l’Etat de droit n’est pas un acquis. Le principe du Rule of law ou de Primauté du droit est l’idée selon laquelle le droit prime sur toute autre règle pour l’organisation d’une société. Le principe de la primauté du droit est, dans la définition retenue par LexisNexis, constitué de 4 piliers : l’égalité devant la loi, la transparence de la loi, l’indépendance de la justice et le recours judiciaire accessible. Lorsque l’un de ces 4 piliers progresse, c’est le principe même de Primauté du droit qui est fortifié. Notre conviction, c’est qu’une société d’individus et d’acteurs socio-économiques tire toujours d’importants bénéfices directs et indirects à être irriguée par toujours plus de droit.